lundi 15 mars 2010
Stoi le titre.
Oui je sais, vous aviez presque fini par oublier que j’existais ici aussi. Ne fuyiez pas devant cette apparition, je pense que ça restera assez rare comme expérience de spiritisme. Beware, ressusciter les vieux esprits des blogs abandonnés peut s’avérer dangereux, tell your friends !
Si j’en suis là c’est à cause d’une certaine personne connue des service secrets français (du moins j'en suis persuadée) nommée Louis, être étrange et matheux de son état, qui m’a nommée comme sa successeuse dans une chaîne de blog. Bien entendu en mouton docile, je m’exécute. Tiens, aviez-vous remarqué que le mot "exécute" contient le mot "cute" ? Non ? Vous vous en foutez bien ? Tant pis, ce que j’écris n’a jamais eu vocation à être utile.
Donc en gros le principe de cette énième chaîne est les résolutions de nouvelle année. Faisons comme si celle-ci n’avait pas commencé depuis 3 mois voulez-vous. De toute façon, vous vous en doutez, je n’ai jamais eu l’intention de suivre quelconque résolution, encore moins d’en prendre d’ailleurs. Histoire de ne décevoir personne, pas même moi-même.
Mais bon si je devais prendre des résolutions ça pourrait être… Tiens de moins traînasser [voire passer ma vie] sur Facebook, peu original mais tellement vrai. Voyons voir ensuite… Arrêter d’écouter de la musique de Catin pour déconner parce qu’à force ça devient même plus du délire pour de vrai. Peut-être arrêter de crier partout que le secrétariat de mon UFR est tout pourri (même si c’est bien vrai). Ensuite, penser à arrêter de faire la gueule le matin dans le métro parce que je suis mal réveillée, je crois que ça fait peur aux gens. Mais bon il parait que c’est tendance de faire la gueule .
Ah mais j’y pense, je n’ai aucune envie d’appliquer ces résolutions. Mais bon, j’imagine que ça ne manquera à personne et puis ça m’aura permis de vous filer plain de liens top coulie. Et puis le truc bien c’est que maintenant à mon tour je peux faire ch… passer à quelqu’un, hinhinhin. Oh mais que vois-je là-bas au fond ? Emma, catin, c’est ton tour !
Edit : Oh et j'oubliais... Arrêter de regarder des films de filles à la pelle pour me concentrer sur des oeuvres plus cérébrales ? Après juin 2010 alors !
vendredi 4 décembre 2009
When I find myself in times of trouble...
Ces deux dernières semaines on été éprouvantes, physiquement mais surtout mentalement. Je manque de sommeil très certainement mais ce n'est pas tant ce qui me pèse, j'ai l'habitude des coups de barre pendant un cours dont l'inutilité est flagrante. Non, mais le temps gris, les horaires tardives de mes cours, le travail qui tombe au mauvais moment, moi incapable de l'organiser bien sûr, mais aussi ce manque et... la mort, idée obsédante, qui m'avait jusqu'alors étrangement épargnée comme je m'en faisait la réflexion depuis déjà bien longtemps. Mais d'abord Pierre, cet auteur, le seul avec qui j'ai eu l'impression d'un "lien" plus fort qu'une ordinaire relation écrivain/lecteur. Je ne l'avais rencontré qu'une seule et unique fois, je n'avais pas eu une conversation de plus de quelques mots avec lui mais c'était comme si je le connaissais personnellement, et que notre rencontre n'était pas finie. Je sais, ça peut paraître tellement fanatique et incongru de s'attacher à quelqu'un que l'on ne connaît qu'à travers ses livres, quelques mots au lecteur sur un site, un grand sourire. Mais moi aussi j'ai été surprise de la violence avec laquelle ça m'a ébranlée lorsque j'ai appris la nouvelle, j'ai été surprise de mes larmes, de ma gorge serrée lorsque j'essayais de les retenir, j'ai été surprise de la force de mes battements de cœur lorsque je suis allée lui rendre hommage. C'est avec lui que j'ai appris à rêver avec les mots, c'est sans lui que je continuerai mais heureusement, les écrits restent, et à travers eux il reste aussi.
Ensuite, la famille, au Liban. Un oncle de mon père que je croisais tous les jours lors de mes séjours dans le village de mes grands parents, puis une de ses cousines, une femme adorable que je connaissais peu mais qui avait été d'une extrême gentillesse avec moi. Alors je pense à ses enfants, de l'âge de mes frères et sœurs, je pense que ça aurait pu être ma mère ou une personne proche de moi et je sens l'étau se resserrer, j'ai peur de la prochaine fois. Ce n'est pas une peur psychotique, simplement une sorte d'appréhension. Je sais bien que tout le monde meurt, que l'on y peut rien, mais il n'empêche que j'y pense aujourd'hui plus qu'à l'accoutumée.
Je vais bien, je n'ai pas d'idées noires, je suis même sacrément heureuse en ce moment. Sachez seulement que si ma présence n'a pas été des plus agréables pour vous dernièrement je m'en excuse.
Quand je me relis je me trouve d'une banalité assez affligeante et mon texte plein de phrases bateau. Mais qu'importe, je voulais vous parler de ça, et vous dire que grâce à toi tes sms, grâce à toi tes sourires, grâce à toi tes gestes, grâce à toi tes commentaires j'aime à me rappeler que mine de rien je suis, moi, toujours bien vivante et que j'en profite.
mercredi 21 octobre 2009
What's up ?
J'ai repris la fac, les emmerdes qui vont avec mais aussi les joies d'une
collectivité soudée par la non-organisation caractérisée et les amphis-salon de thé.
Le week-end dernier j'ai ajouté un an de plus à ma présentation : "19 ans" maintenant. J'aime me plaindre de commencer à "vieillir" mais qu'est ce que j'en ai à faire ? Alors que j'ai ouvert ma porte sur vos présence inespérée, que j'ai partagé mes macarons avec vous, qu'il y avait assez de pizza, que mon chez-moi était trop petit pour nous tous, qu'on est finalement arrivés à cette place Vendôme, que la tour Eiffel ne m'a jamais parue aussi belle.
Pourtant encore une fois j'ai laissé filer les trains dans le sens inverse, encore une fois j'ai pensé qu'à la fois j'aimais et détestais les au-revoir.
Je voudrais dire tant de choses, écrire à propos de ces interminables pensées qui tournent dans ma tête, mais je suis incapable d'en faire plus. Peut-être que ça viendra dans les prochains jours, peut-être que ça s'évanouira, je pense qu'au final ça ne change rien. En fin de compte je ne sais pas pour qui j'écris, sûrement autant pour moi que ce vous que je ne saurais délimiter, et c'est ce qui me motive. Il n'y a pourtant aucune obligation mais j'aime essayer de démêler mes pensées ici même si c'est souvent rare en ce moment. Je préfère me dire que si en ce moment ça devient moins nécessaire c'est que c'est une bonne chose. Je préfère me rappeler qu'en ce moment il semble que je sois heureuse.
La rose se fane, mais une odeur froide de cigarette reste sur mes lèvres.
vendredi 25 septembre 2009
We will be victorious.
Des parties de poker noyées par nos rires sur fond de musiques aléatoires, les vagues qui nous emportaient en un élan, nos habitudes de vieux, les combats fictifs sur grand écran, la nuit des ralentis, nos repas de fête, le rituel SingStar... C'était la Maison de la Plage.
Un voyage en voiture, sept heures à se chamailler pour la musique et un GPS belge, un détour par Ikéa "pour manger pas cher", comme on aime à se trouver des excuses que l'ont sait pertinemment inutiles. Vos gueulantes, vos vannes, vos joies, vous. Nos virées sur les routes, nos parties d'Elixir, le Cognac, Sissi...
Vous m'avez redonné vie, tous. Je n'avais plus qu'à me laisser bercer par vos présences, mêmes fictives.

Maintenant j'ai retrouvé Paris. Je goûte comme l'année dernière le plaisir de vous/me (re)trouver. Je me balade sur les quais de Seine, je prévois des sorties, j'aménage mon chez-moi avec les vestiges de l'ancien, j'écoute les gens de sortie dans ma rue, j'oublie ma vaisselle, je vais acheter des framboises congelées...
La vie comme un tourbillon a repris ses droits. Plus de temps pour les doutes, plus le temps pour regretter, encore pour un moment. Puis la routine, encore, viendra me narguer. Je me laisserai submerger, comme si j'avais oublié, mais la vie n'est qu'un éternel recommencement et je suis son jouet.
dimanche 9 août 2009
Let the Sunshine In.
Je suis jalousie.
Je suis désespoir.
Je suis confusion.
Je suis joies.
Je suis mélancolie.
Je suis souvenirs.
Je suis appréhension.
Je suis espoirs.
Je suis imagination.
Je suis doutes.
Je suis rire.
Je suis étonnement.
Je suis émerveillement.
Je suis peurs.
Je suis tout ça à la fois, et tellement plus. Et ce que vous ignorez, c'est que je suis pantin entre vos mots, vos regards et vos attentions.
En cet instant, au milieu de tous ces chemins croisés d'un été vagabond, je suis un peu brouillée, comme une feuille de papier trempée par la pluie. Mais aucun regret pour noircir le ciel en mi-teintes de mes nuits. Car je ne sais pas toujours, mais je suis heureuse de ces moments et ils ne seront pas stériles.
mercredi 22 juillet 2009
Within the sound of silence.
Si j'en suis arrivée à cette réflexion c'est qu'après un flot de journées à Paris ensoleillées d'un tourbillon de visages et de rires, je suis encore une fois revenue à Saintes, et l'envie d'écrire qui m'avait quitté pour des semaines a encore réapparu, confrontée à moi-même et à mes pensées.
Cette fois-ci, jamais les kilomètres ne m'ont parut autant peser, tout comme le trajet en train m'a semblé étrangement interminable. Je me sens loin. Je ne regrette pas mais je me rappelle.
A vélo, je profite du vent qui siffle sa puissance à mes oreilles, des couchers de soleil dorés Je me sens libre mais je me sens emprisonnée de ce lieu, de cette ancienne vie qui palpite encore ici. Je savoure ce calme et la présence de la famille qui me manque parfois, seule chez moi, mais j'ai aussi besoin de l'indépendance que j'ai si facilement acquise à Paris, de foule et du temps qui s'envole.
Le contradictions, toujours, sont reines de mes pensées.
mardi 16 juin 2009
But if you wanna leave
Mes prochaines destinations sont faites d'incertitudes et de peurs. J'agrippe souvent les vieux billets qui hantent mes poches comme dans un geste de mélancolie, presque de désir. Ils sont cornés, pliés, inutilisables, et la place qui m'était attribuée s'est effacée. Mais j'aime savoir leurs vestiges proches de mon être, même s'ils sont parfois aussi lourd que les galets sur une plage.
jeudi 21 mai 2009
Oui je singe les moutons
If you comment on this...
1. I'll respond with something random about you.
2. I'll tell you which song or movie you remind me of.
3. I'll pick a flavor of jello to wrestle you in.
4. I'll say something that only makes sense to you and me.
5. I'll tell you my first memory of you.
6. I'll tell you what animal you remind me of.
7. I'll ask you something I've always wondered about you.
8. I'll tell you my favorite thing about you.
9. I'll tell you my least favorite thing about you.
10. If you play, you MUST post this on yours.
Après si votre niveau en Anglais n'a jamais atteint un niveau suffisant pour comprendre ces quelques lignes (merci l'éducation nationale), retournez donc voir le blog d'Emma, elle traduit très bien (elle chante très bien aussi, et elle rit très bien, mais ça ce sont d'autres histoires).
Bien évidement rien ne vous oblige à me répondre, mais je serais curieuse de savoir combien d'entre vous le ferons... ^^
Bon, je consulte mes archives et je vois que j'atteins le 5ème post pour ce mois-ci alors que jusqu'a présent mon maximum était de trois par mois. Autant ne pas vous y habituer les cocos, mai semble très prolifique mais je doute qu'il en soit de même pour le reste de ma vie (ou du moins pour le reste de la vie de ce blog).
jeudi 14 mai 2009
Oh, Girl.
Au sortir de la douche ce ‘matin’, j’ai eu envie de porter une jupe assortie de talons hauts. Jusque là rien de très passionnant dans mes divagations vestimentaires me direz-vous. Mais c’est la suite qui devient intéressante.
N’avais-je pas mis de nez dehors que les hormones mâles se déchaînaient déjà à coup de regards appuyés, me détaillant de la tête aux pieds, et de « hé bonjour mademoiselle ». Je n’ai pourtant pas la prétention d’être une couverture de magasine ambulante, loin de là, mais même si ça m’arrive parfois de me faire accoster, aujourd’hui il semblerait que cette jupe leur ait tous donné le mot. Si ça n’avait été que ces ouvriers le matin… Mais plus ou moins discrètement, de regards de l’autre bout du wagon de métro au « excusez-moi, on peut aller prendre un verre ? » (si si), j’ai senti que j’étais un peu moins invisible dans la foule. Certes c’est grisant et flatteur de se sentir regardée, mais ça peut devenir franchement lourd, selon qui/comment.Tout cela parce que j’a exposé mes gambettes un peu plus qu’ordinaire ? Il y a de quoi s’étonner sur les considérations matérielles et physiques des hommes. « Le cœur des hommes est aisément corruptible » comme disait une certaine autre.
Je ne peux cependant pas dire que tout cela n’apporte que des inconvénients. En rentrant chez moi en courant sous la pluie ce soir (mon magnifique parapluie acheté l’après-midi même resté sagement accroché à ma porte), un gentil monsieur s’est proposé de m’accompagner sur quelques mètre avec le sien, de parapluie, ‘jusqu’au prochain abri’. Charmant, non ?
A bien y réfléchir, si une simple jupe peut apporter autant, pourquoi ne pas en profiter pour le trouver ce mari riche qui me paiera tout ce dont j’ai envie mais qu’en temps que pauvre étudiante-Cendrillon et ‘Catin occasionnelle’ je ne peux que rêver… ? ^^
En ces temps de crise, il est bien plus utile d’être vénale que amoureuse.
Paname, Paname, Paname...
Le soleil revient et les rues s'animent. Le froid qui me rongeait le moral au point de redouter la morsure de l'hiver en mettant le pied dehors n'est plus qu'ombre, qui reviendra. Qu'est ce qui m'empêche maintenant d'aller lire mon bouquin sur un banc ? D'aller observer les touristes, les passants, les enfants ? De longer les quais de seine et d'emprunter tous les ponts ?
J'aime découvrir de nouvelles rues, de nouvelles petites places dignes de celle d'un village provincial, de petites églises paumées au détour d'un carrefour peu emprunté, de nouveaux quartiers ("tu crois pas qu'on est chez les juifs là?"), de petits squares comme ceux des romans...
Chaque coin est différent. Chaque rue me raconte une histoire. Les vieilles maisons du côté de Notre-Dame me font deviner leur âge avec lequel seul celui des arbres centenaires du parc d'à côté peuvent rivaliser.
Je me laisse porter au gré de mes envies.
il appelle l'été.
vendredi 8 mai 2009
Noh Lanta

J'ai posé le pied sur le foutu quai de cette foutu gare et j'ai senti que ce "week-end" venait vraiment de s'achever. J'étais pourtant encore là avec vous deux, rescapées de l'aventure à mes côtés, comme après ces longues heures de voyage, mais arrivée sur le sol de Paris que je chéris tellement, je me suis rendue compte que quelque chose d'exceptionnel venait de se terminer. Pendant toute l'après-midi on s'était le plus possible raccrochés les uns aux autres par des bribes téléphoniques, se sentant encore un peu ensemble. Mais là, à Austerlitz, j'étais rentrée, et pour une fois ça me déplaisait.
Après avoir trépigné d'impatience en attendant ce week-end là, ça y était enfin. Arrivée à 9h à ce gare paumée dans la campagne après une soirée mémorable à bordeaux. Vous trouver à mon arrivée avec des panacartes plus débiles les unes que les autres et des cernes cependant moins larges que vos sourires. Trouver les autres dans la cuisine, les yeux hébétés de sommeils mais pourtant vifs, à l'affut d'une connerie à dire, à remarquer ou faire. Et puis cette maison un peu campagnarde mais finalement tellement attachante. Un peu bordélique et poussiéreuse, mais franchement, who cares ?
J'étais un peu (beaucoup) frustrée d'avoir loupé la première soirée, mais j'ai tellement profité du reste que ce n'est sûrement pas si grave. D'abord les plus forts c'est les jaunes \o/ On a certes perdu toutes nos épreuves, mais on était bien braves. J'ai cru vomir ces mygales en bonbons mais j'ai bien ri. J'ai choppé un mal de gorge mais j'ai kiffé sacager les parties de Singstar. J'ai perdu quelques doigts mais j'ai pas perdu au triso. Je me suis cassé la gueule par manque d'équilibre, mais j'étais contente que vous m'entouriez.
Il y a eu tellement de bons moments, et tous tellement différents. J'aurais voulu que ces jours là durent des mois. Vous êtes partis chacun votre tour, et finalement on a fini par partir aussi. Maintenant ces souvenirs me hantent presque. Après une semaine, cet étrange "manque" est toujours présent. Pourtant ce n'est qu'un délire d'un week-end, peut-on penser. Mais non, ces jours-là m'ont marquée sûrement beaucoup plus que je m'y attendais. Je me suis attachée à vous d'une manière incroyablement solide, surtout pendant cette mémorable dernière soirée. Je vous ai découvert et je me suis laissée être avec vous.
Peut-être que ça peut sembler bien larmoyant et que vous pensez de l'air légèrement supérieur des personnes qui ne croit plus en rien ni personne "peuh, ça va lui passer dans quelques semaines!" et peut-être que vous avez raison. Mais si c'est le cas, je ne serait plus celle que je suis maintenant.
mercredi 6 mai 2009
Yallah !
Ses arcades à demi ombragées veillent sur des jeunes filles voilées qui se baladent avec leurs amies aux épaules dénudées tandis que sur les routes qui leur frôlent les jambes, les vendeurs ambulants de Knefeh slaloment entre les 4x4 flambants neufs et les vieilles voitures retapées des dizaines de fois. Les grandes grues dans le ciel qui disputent leur territoire aux oiseaux surplombent ces routes défoncées bordées de dizaines de panneaux trilingues. Au loin s’annoncent les montagnes, berceaux de milliers de petits villages où la modernité d’après guerre côtoie traditions et mœurs arabes encore bien ancrées. Témoins de ce passés, les vieilles pierres de Byblos de toutes époques font face à la même mer depuis des centaines d’année, attendant le futur.
Pays de contrastes permanents où il est parfois difficile de se constituer des repères, qu’est impossible de penser uniquement à travers des yeux occidentaux. Pays où même les troupeaux de moutons prennent l’autoroute.
mardi 14 avril 2009
Unintitled 1
J’ai pleuré de ne pas me sentir chez moi
J’ai pleuré de les savoir malheureux
J’ai pleuré de ne pas être là quand elle est heureuse
J’ai pleuré de m’être perdue dans ce que je suis
J’ai pleuré sur cette chanson
J’ai pleuré en me relevant pour l’écrire
J’ai pleuré sans trop savoir pourquoi
J’ai pleuré en tombant sur vos mots d’amitié
J’ai pleuré pour ces choses pas si importantes
J’ai pleuré parce que je me sentais heureuse depuis trop longtemps
J’ai pleuré d’en pleurer, les yeux grands ouverts sur l’obscurité.
Je me sens coupable de ce message nocturne, mais demain est un autre jour et peut-être qu’alors je l’effacerai, comme on efface d’un geste tremblant une larme sur sa joue.
Après tout, nous ne sommes que l’accumulation de pensées dérisoires.
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Effacer, laisser ? Je me le suis demandé à l'instant même où j'ai mis en ligne ce billet. Quand je me suis recouchée, je me sentais déjà mieux, comme vidée de ces maux anonymes qui m'accablaient sans raison. Écrire, un exutoire que je ne délaisse depuis bien trop longtemps.
En fermant les yeux, j'ai entendu un oiseau chanter dans les montagnes, appelant l'aube.
En jetant un coup d'œil sur cet article aujourd'hui, j'ai vu d'abord "2 petits mots doux comme George", puis 3, puis 4. Supprimer ça, ça serait aussi supprimer ces petites marques d'affection qui me redonnent le sourire, alors non, je n'effacerais rien.
Peut-être qu'en ce moment vous trouvez que je ma la joue assez 'sensible' comme fille. Vous n'auriez sûrement pas tord, il faut que je soigne ça !
dimanche 5 avril 2009
Going nowhere.
Encore un bol d’air frais à Saintes avant de repartir mercredi pour le Liban, avec l’autre partie de la famille. Saintes, cette petite ville dont on a vite fait le tour et où les retraités semblent nombreux.
Je suis passée par mon lycée, où j’ai croisé une marée de visages inconnus. Je suis allée chercher mon bac et moi qui pensait repartir avec un simple bout de papier jeté sur le coin d’un bureau, on m’a tendu une enveloppe une simple enveloppe marron tamponnée « admission en 6ème » dans laquelle toute ma scolarité depuis la fin du primaire est contenue. 7 ans de ma vie scolaire résumés là, bulletins, décisions de fin d’année, appréciations des profs, tout cela avec mon diplôme du bac et ses airs solennels de victoire. Un petit salut de mes années révolues qui semblent me dire qu’avec ce bout de papier orné d’une couronne de laurier, tout se termine ici. Maintenant à toi de te débrouiller, de te lancer dans une nouvelle vie. Nous, on en a fini avec toi.
Un air de nostalgie mais le soleil me sourit. Tout commence ici.
A l’Orangerie, crêpes, gaufres, glaces et bonbons multicolores ont reprit leur manège. Sortir les tables et les chaises devant les grandes vitres que j’ai longuement lavées au soleil, sentir l’odeur du bois du comptoir agrandit, regarder la pâte jaune qui se dore sur les crêpières, boire un café au coin d’une table en regardant les enfants courir derrière des bulles en savon dans le parc. Autant de choses que j’apprécie toujours autant avec ma tante et ma grand-mère, trois génération féminines réunies derrière le comptoir.
Je suis repartie pour Paris, avec ma valise remplie à ras bord comme à chaque fois. Toujours le même trajet éternel entre le TER et ses airs de vacances à la mer et le TGV à la gare d’Angoulême. Un beau TGV, de ceux qui ont des sièges colorés qui paraissent si confortables. Pas grand monde dans ce compartiment, tant mieux, je suis seule dans mon coin et je peux prendre toute la place que je veux pour une traditionnelle séance cinéma. Rien de tel qu’un film dans le train, lovée dans un siège. Parfois un coup d’œil porté au paysage qui se déroule.
Les gens sont calmes dans le wagon. Tous semblent détendus. Ce n’est pas toujours le cas dans le TGV mais parfois, comme à cet instant, le train semble être devenu pour quelques heures une bulle intemporelle. Prendre le temps de finir ou de commencer un bouquin, fermer les yeux en écoutant de la musique, regarder défiler les plaines… Une sensation d’apaisement que j’aimerais parfois pouvoir retrouver dans le métro parisien, souvent en vain. Poitiers est en approche et autour on s’agite. La voix du conducteur est blasée et maussade, le calme part en éclats comme les bulles de savon dans les mains des enfants du jardin public. Dans quelques heures Paris la belle, que je retrouve avec autant de joie que les premières fois.
Dans quelques jours, direction le Liban et le soleil… Qui voudra une tranche de soleil dans une carte postale ?
lundi 30 mars 2009
Heaven's Door.
Je n’aime pas vraiment le printemps.
Du moins le tout début du printemps, quand on déclare officiellement qu’aujourd’hui le printemps commence alors que nos esprits et le temps sont encore à l’hiver. Je n’aime pas cette situation précaire et instable où un simple nuage un peu trop gros peu faire basculer d’un coup l’humeur ambiante. Je n’aime pas décider de laisser mon manteau au placard et frissonner ensuite en le regrettant, ou alors avoir un peu trop chaud si je l’emporte. Je n’aime pas me retrouver entre deux saisons, à devoir tout à la fois subir un semi été et un semi hiver. Le schéma se reproduit aussi pour l’automne, c’est comme si ces saisons n’étaient que transitoires en fait.
En revanche j’aime l’hiver parce que je peux m’emmitoufler dans ma couette, même si le froid est mordant. J’aime l’été parce que je peux prendre mon petit déjeuner sur la terrasse, même si la chaleur devient vite étouffante.
Je sais que mes idées n’ont aucun sens et cohésion entre elle, mais je suis comme ça je crois. Contradictoire et paradoxale jusqu’au bout.
Mais en ce moment, j’ai juste envie de m’allonger dans l’herbe et sentir ma peau se réchauffer doucement, de laisser vagabonder mes rêves au rythme des nuages solitaires, de me perdre dans l’immensité du ciel bleu azur et de me sentir vivre. Je veux ressentir la plénitude qu’offre un après-midi hors du temps et me laisser porter par le bruit des feuilles dans les arbres, comme celui de l’océan.
jeudi 19 mars 2009
Don't leave me.
2_ En ce moment ma notion de temps reste très abstraite pour moi, depuis le début de la grève principalement en fait. La semaine n’est qu’un samedi perpétuel et les journées sont chacune pareille à une semaine entière.
3_ Mon sac à main contient une foule de choses totalement inutiles mais donc je ne pourrais pas me passer : tout un tas de papiers du style plan du Louvre, places de ciné, lettre de la carte vitale, places pour le salon du livre ; les tomes 11 et 12 de Nana ; 1984 de George Orwell toujours pas achevé ; mon Ipod ; un Labello à la fraise ; une clef usb ; mon portefeuille… Et j’en passe.
4_ A chaque fois que je passe sur la ligne 6 en métro aérien entre Bir-Hakeim et Passy, je ne peux pas m’empêcher de lever la tête et d’admirer la tour Effeil, comme une bonne vieille touriste. Le plus beau c’est quand il fait nuit et qu’elle scintille. Je quitte alors mon déguisement de parisienne blasée et je souris.
5_ J’ai un terrible manque de confiance en moi, je me pense sans arrêt inférieure à tout le monde. Je ne me prends pas non plus pour une moins que rien mais disons que j’ai parfois besoin d’être réconfortée sur mes capacités.
6_ Je suis allée à un concert gratuit à la défense cet après midi dans le cadre du festival Chorus. J’ai découvert deux nouveaux petits groupes qui valent le détour : Revolver et You and You. Allez écouter leur myspace si le cœur vous en dit, je vous le conseille. :)
7_ Arrivée à la 7ème « question » je ne sais déjà plus quoi dire. C’est ainsi que je trouve mon existence légèrement vide, ou l’inspiration un peu fuyante.
8_ Ma grand-mère (ou « mamie » plutôt, grand-mère fait vieux) fait les meilleures crêpes que j’ai jamais mangées. J’ai une préférence pour celles au Nutella, mais ça n’étonnera personne.
9_ Les touches de mon clavier commencent à s’effacer. Pour me rassurer je me dis que non, ce n’est pas que je geek trop, mais bien que j’ai les ongles trop longs…
10_ Je n’arrive plus à me coucher avant minuit. Ma moyenne en ce moment étant de 3 heures du matin. La fin de la grève va être difficile.
11_ En règle générale, je n’aime pas beaucoup poser des questions aux gens, je préfère qu’ils me parlent eux-mêmes de ce dont ils ont envie. Malheureusement cette méthode n’est pas toujours infaillible et la conversation peut parfois se retrouver bloquée, et alors j’improvise. Quand je vous dis que je suis timide.
12_ La majorité des gens que je fréquente sur Paris sont des PIiens. Des fois ça m’effraie mais je me dis que je suis bien comme ça.
13_ En ce moment le Liban me manque un peu plus que d’habitude. J’ai envie de repartir à la découverte de ce pays, « mon » pays. Croisons les doigts pour avril.
14_ J’ai toujours voulu avoir un sens artistique un peu plus évolué que la moyenne : savoir jouer d’un instrument ou bien avoir un don pour les arts plastiques. Peut-être que ma volonté de m’instruire de l’art vient de cette frustration.
15_ D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie de voyager, de partir à la découverte d’horizons différents. Mais j’ai aussi peur de tout laisser derrière moi.
16_ Je me rends compte que je suis très paradoxale en règle générale, j’aime des choses qui sont incompatible, comme l’été en hiver ou l’inverse.
17_ Depuis le début, je n’ai jamais regretté d’avoir insisté pour aller à Paris au lieu de suivre ma famille au Liban. C’est un des rares choix dont je porte la conviction profonde qu’il était bon.
18_ Je suis, en règle générale, totalement incapable de planifier les choses à l’avance. Que ce soit au niveau du travail ou autre.
19_ Mes rares expériences sentimentales sont bien trop complexes pour pouvoir les expliquer. C’est pour cela que je ne le fais jamais.
20_ Je suis très attachée à de petites choses symboliques, je répugne même à jeter un billet d’avion ou un simple ticket de cinéma. Mes poches sont remplies de ce genre d’épaves de mon passé.
21_ Je me sens rarement triste, mais souvent mélancolique sans pourtant qu’il y ait de raison apparente. Cet étrange rapport au passé peut-être.
22_ D’ailleurs, il n’y a rien de glauque là dedans, mais j’aime aller me balader dans les cimetières car je trouve que ce sont toujours les endroits les plus calmes et paisibles.
23_ Je ne sais toujours pas à quoi je veux occuper mon avenir. Ca me fait presque peur, pour moi c’est un grand blanc qui m’attend.
24_ Je me rends compte que je suis bien plus facilement arrivée à la fin que je ne pensais au début. En fait, il est facile de livrer des bribes de soi-même tant qu’on n’a pas à s’expliquer.
25_ J’aurais presque envie de continuer…
dimanche 8 mars 2009
Who is it for ?
Je tente d’arrange petit à petit cet appart douillet qui voit passer du beau monde presque tous les jours, je fais mes courses au Monop’ d’à côté, je râle quand je dois défaire et refaire mon canapé-lit, je me couche tard, je laisse la vaisselle s’entasser, je me demande qui sont mes voisins, j’ai peur d’oublier mes clefs, je ferme mes volets quand il fait déjà nuit depuis des heures, je me remets doucement à bouquinner, j’ai envie d’aller visiter le tout-Paris, j’oublie d’envoyer des papiers importants, je regarde mes mails pour savoir où en est la grève, j’ai redécouvert le plaisir d’aller en cours pour apprendre, je me refais toute la saison deux de Dr House, je passe la demi-heure solitaire de métro avec mon Ipod et « Le jeune fille à la perle », je change à Palais Royal-Musée du Louvre pour aller à la fac, j’écoute Vivaldi sous ma douche, j’ai envie de faire un gâteau au chocolat, je redécouvre le Rock, je veux sortir…
Je suis bien, à Paris.
Je reste encore cette fille perdue et intimidée, mais je deviens peu à peu moi.
mardi 24 février 2009
I'm miles from where you are.
La maison de mes grands-parents ou de ma tante à Saintes, le studio de Sabine à Paris, l’appartement du reste de la famille au Liban… Chacun de ces endroits est un peu « chez moi », mais il n’existe plus aucun endroit où je peux rentrer, un week-end, parfois, et sentir que certaines choses n’ont pas changé, qu’il reste un peu de cette vie d’avant.
Je ne peux pas me réfugier dans ma chambre, rue du Général Sarrail, déambuler dans le jardin et manger avec eux dans la cuisine autour de la grande table bleue. Je ne peux plus me prendre pour une enfant, et oublier que j’ai choisi cette vie.
Je ne regrette pas mes choix, à aucun moment. Mais le changement a été brusque et les habitudes reviennent parfois, enjôleuses, comme des piques semées par mes souvenirs égarés. Mes repères sont ces habitudes, prises pendant toutes ces années. Les perdre m’a parfois déboussolée. Mais ils reviennent, apparaissant au détour d’une conversation, d’une lecture où d’une rue, ce sont des mots, des objets, des chansons, lancés comme des clins d’oeils du passé.
Je ne vis pas uniquement à travers mes souvenirs, mais larguée comme ça dans ma nouvelle vie, j’ai parfois perdu pied. Me rappeler est ma façon à moi de retourner chez moi. Ce n’était pourtant pas la première fois que je changeais de maison, ni même de ville. Je savais que je changerai de vie aussi, mais eux devaient être ce roc, ce point d’attache qui ne bouge pas. Pourtant j’aime le fait qu’eux aussi aient changé de vie, je ne conteste pas et ne le ferai jamais. Je suis pleine de contradictions.
Quand on quitte un endroit, on a toujours cette impression étrange, d’oublier ou de laisser quelque chose derrière soi. Je crois qu’on laisse un peu de nous-même partout où l’ont passe. Et plus l’attachement que l’ont a au lieu est grand, plus ce que nous y laissons est important. J’aime retourner dans les lieux où j’ai ri, couru, pleuré, rêvé, aimé, chanté, vécu. J’ai l’impression qu’il y restera toujours une trace de ce vécu, comme pour tous les autres qui y auront éprouvé les mêmes choses. Mais une maison où l’on a vécu, je trouve toujours ça plus difficile d’y revenir lorsque d’autres en ont fait la leur. Je n’aimerais pas avoir à y retourner, voir que telle chose a changé, que ce sont ces personnes là qui y rentrent tous les soirs. Et surtout, entendre les souvenirs résonner dans ma tête et me rappeler à quel point ils me manquent.
Depuis que je suis à Paris, le temps n’a plus la même consistance. Les jours et les semaines passent trop vite et m’empêchent, ou m’évitent, de penser. J’ai envie de reprendre un rythme de vie plus cadencé, j’ai des multiples choses de côté : trouver une troupe de théâtre ou des cours de chants, aller visiter tel ou tel musée, lire ce livre. Mais jusque là je me sentais toujours dans une situation précaire, je ne voyais pas plus loin que quelques semaines. Peut-être que ce nouveau-mini-chez-moi me permettra de me donner un rythme…
mardi 3 février 2009
Out Of Time.
Ce séjour au Liban est passé comme un rêve, c'était un nuage sur lequel j'ai pu me laisser porter, retrouver un peu d'avant dans le tourbillon de ce maintenant. Retrouver que même si tout a changé, un peu de nous demeure.
J'ai aussi découvert un peu plus de cet autre "mon pays", la Beyrouth moderne, belle et fière. Elle porte encore les traces de ses blessure mais renaît, une fois encore, pour resplendir de sa prestance héritée de sa culture et de son histoire.
S'évader au cœur de l'hiver, sous le ciel bleu comme s'il avait été peint par les anges, plisser les yeux sous le soleil, n'avoir ni froid, ni chaud, renverser la tête en arrière et sentir un peu de vent. Ouvrir les yeux au milieu des pierres rosées, respirer.
Je reviendrai. Il me reste tant à découvrir, tant à partager. Tout est différent là-bas, les gens, la culture, le paysage. Ce n'est pas le Liban que j'ai rêvé à travers les mots et les quelques souvenirs. Mais qu'est ce que ça change ?
lundi 26 janvier 2009
Colors In The Air.
Malheureusement, pas de vacances au Liban pour Noël. Tant pis, à Saintes j'en avais deux, de familles, pour le prix d'une. S'en est ensuite suivit un réveillon Rennais dont le compte-rendu est trop long pour être écrit, d'ailleurs certaines choses sont faites pour ne rester que des souvenirs et des photos. Et puis rien de tel pour être relaxé avant la semaine de partiel qu'un petit séjour à Disney entre PIiens...


