vendredi 8 mai 2009

Noh Lanta


J'ai posé le pied sur le foutu quai de cette foutu gare et j'ai senti que ce "week-end" venait vraiment de s'achever. J'étais pourtant encore là avec vous deux, rescapées de l'aventure à mes côtés, comme après ces longues heures de voyage, mais arrivée sur le sol de Paris que je chéris tellement, je me suis rendue compte que quelque chose d'exceptionnel venait de se terminer. Pendant toute l'après-midi on s'était le plus possible raccrochés les uns aux autres par des bribes téléphoniques, se sentant encore un peu ensemble. Mais là, à Austerlitz, j'étais rentrée, et pour une fois ça me déplaisait.
Après avoir trépigné d'impatience en attendant ce week-end là, ça y était enfin. Arrivée à 9h à ce gare paumée dans la campagne après une soirée mémorable à bordeaux. Vous trouver à mon arrivée avec des panacartes plus débiles les unes que les autres et des cernes cependant moins larges que vos sourires. Trouver les autres dans la cuisine, les yeux hébétés de sommeils mais pourtant vifs, à l'affut d'une connerie à dire, à remarquer ou faire. Et puis cette maison un peu campagnarde mais finalement tellement attachante. Un peu bordélique et poussiéreuse, mais franchement, who cares ?
J'étais un peu (beaucoup) frustrée d'avoir loupé la première soirée, mais j'ai tellement profité du reste que ce n'est sûrement pas si grave. D'abord les plus forts c'est les jaunes \o/ On a certes perdu toutes nos épreuves, mais on était bien braves. J'ai cru vomir ces mygales en bonbons mais j'ai bien ri. J'ai choppé un mal de gorge mais j'ai kiffé sacager les parties de Singstar. J'ai perdu quelques doigts mais j'ai pas perdu au triso. Je me suis cassé la gueule par manque d'équilibre, mais j'étais contente que vous m'entouriez.
Il y a eu tellement de bons moments, et tous tellement différents. J'aurais voulu que ces jours là durent des mois. Vous êtes partis chacun votre tour, et finalement on a fini par partir aussi. Maintenant ces souvenirs me hantent presque. Après une semaine, cet étrange "manque" est toujours présent. Pourtant ce n'est qu'un délire d'un week-end, peut-on penser. Mais non, ces jours-là m'ont marquée sûrement beaucoup plus que je m'y attendais. Je me suis attachée à vous d'une manière incroyablement solide, surtout pendant cette mémorable dernière soirée. Je vous ai découvert et je me suis laissée être avec vous.
Peut-être que ça peut sembler bien larmoyant et que vous pensez de l'air légèrement supérieur des personnes qui ne croit plus en rien ni personne "peuh, ça va lui passer dans quelques semaines!" et peut-être que vous avez raison. Mais si c'est le cas, je ne serait plus celle que je suis maintenant.

mercredi 6 mai 2009

Yallah !

Ô Liban, terre aux innombrables contrastes indomptables où le calme soleil printanier laisse parfois soudainement place à un orage rageur qui vient se fracasser contre les hautes montagnes de jetant dans la mer. Pays en éternelle reconstruction où les nouveaux immeubles de Beyrouth aux couleurs rosées et à l’architecture recherchée côtoient des immeubles fantômes aux fenêtres défoncées ouvertes sur la guerre passée pendant laquelle, dit-on, on faisait la fête.


Ses arcades à demi ombragées veillent sur des jeunes filles voilées qui se baladent avec leurs amies aux épaules dénudées tandis que sur les routes qui leur frôlent les jambes, les vendeurs ambulants de Knefeh slaloment entre les 4x4 flambants neufs et les vieilles voitures retapées des dizaines de fois. Les grandes grues dans le ciel qui disputent leur territoire aux oiseaux surplombent ces routes défoncées bordées de dizaines de panneaux trilingues. Au loin s’annoncent les montagnes, berceaux de milliers de petits villages où la modernité d’après guerre côtoie traditions et mœurs arabes encore bien ancrées. Témoins de ce passés, les vieilles pierres de Byblos de toutes époques font face à la même mer depuis des centaines d’année, attendant le futur.

Pays de contrastes permanents où il est parfois difficile de se constituer des repères, qu’est impossible de penser uniquement à travers des yeux occidentaux. Pays où même les troupeaux de moutons prennent l’autoroute.

mardi 14 avril 2009

Unintitled 1

J’ai pleuré de ne pas me sentir chez moi

J’ai pleuré de les savoir malheureux

J’ai pleuré de ne pas être là quand elle est heureuse

J’ai pleuré de m’être perdue dans ce que je suis

J’ai pleuré sur cette chanson

J’ai pleuré en me relevant pour l’écrire

J’ai pleuré sans trop savoir pourquoi

J’ai pleuré en tombant sur vos mots d’amitié

J’ai pleuré pour ces choses pas si importantes

J’ai pleuré parce que je me sentais heureuse depuis trop longtemps

J’ai pleuré d’en pleurer, les yeux grands ouverts sur l’obscurité.


Je me sens coupable de ce message nocturne, mais demain est un autre jour et peut-être qu’alors je l’effacerai, comme on efface d’un geste tremblant une larme sur sa joue.



Après tout, nous ne sommes que l’accumulation de pensées dérisoires.


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Effacer, laisser ? Je me le suis demandé à l'instant même où j'ai mis en ligne ce billet. Quand je me suis recouchée, je me sentais déjà mieux, comme vidée de ces maux anonymes qui m'accablaient sans raison. Écrire, un exutoire que je ne délaisse depuis bien trop longtemps.

En fermant les yeux, j'ai entendu un oiseau chanter dans les montagnes, appelant l'aube.

En jetant un coup d'œil sur cet article aujourd'hui, j'ai vu d'abord "2 petits mots doux comme George", puis 3, puis 4. Supprimer ça, ça serait aussi supprimer ces petites marques d'affection qui me redonnent le sourire, alors non, je n'effacerais rien.

Peut-être qu'en ce moment vous trouvez que je ma la joue assez 'sensible' comme fille. Vous n'auriez sûrement pas tord, il faut que je soigne ça !

dimanche 5 avril 2009

Going nowhere.


Encore un bol d’air frais à Saintes avant de repartir mercredi pour le Liban, avec l’autre partie de la famille. Saintes, cette petite ville dont on a vite fait le tour et où les retraités semblent nombreux.

Je suis passée par mon lycée, où j’ai croisé une marée de visages inconnus. Je suis allée chercher mon bac et moi qui pensait repartir avec un simple bout de papier jeté sur le coin d’un bureau, on m’a tendu une enveloppe une simple enveloppe marron tamponnée « admission en 6ème » dans laquelle toute ma scolarité depuis la fin du primaire est contenue. 7 ans de ma vie scolaire résumés là, bulletins, décisions de fin d’année, appréciations des profs, tout cela avec mon diplôme du bac et ses airs solennels de victoire. Un petit salut de mes années révolues qui semblent me dire qu’avec ce bout de papier orné d’une couronne de laurier, tout se termine ici. Maintenant à toi de te débrouiller, de te lancer dans une nouvelle vie. Nous, on en a fini avec toi.

Un air de nostalgie mais le soleil me sourit. Tout commence ici.


A l’Orangerie, crêpes, gaufres, glaces et bonbons multicolores ont reprit leur manège. Sortir les tables et les chaises devant les grandes vitres que j’ai longuement lavées au soleil, sentir l’odeur du bois du comptoir agrandit, regarder la pâte jaune qui se dore sur les crêpières, boire un café au coin d’une table en regardant les enfants courir derrière des bulles en savon dans le parc. Autant de choses que j’apprécie toujours autant avec ma tante et ma grand-mère, trois génération féminines réunies derrière le comptoir.

Je suis repartie pour Paris, avec ma valise remplie à ras bord comme à chaque fois. Toujours le même trajet éternel entre le TER et ses airs de vacances à la mer et le TGV à la gare d’Angoulême. Un beau TGV, de ceux qui ont des sièges colorés qui paraissent si confortables. Pas grand monde dans ce compartiment, tant mieux, je suis seule dans mon coin et je peux prendre toute la place que je veux pour une traditionnelle séance cinéma. Rien de tel qu’un film dans le train, lovée dans un siège. Parfois un coup d’œil porté au paysage qui se déroule.

Les gens sont calmes dans le wagon. Tous semblent détendus. Ce n’est pas toujours le cas dans le TGV mais parfois, comme à cet instant, le train semble être devenu pour quelques heures une bulle intemporelle. Prendre le temps de finir ou de commencer un bouquin, fermer les yeux en écoutant de la musique, regarder défiler les plaines… Une sensation d’apaisement que j’aimerais parfois pouvoir retrouver dans le métro parisien, souvent en vain. Poitiers est en approche et autour on s’agite. La voix du conducteur est blasée et maussade, le calme part en éclats comme les bulles de savon dans les mains des enfants du jardin public. Dans quelques heures Paris la belle, que je retrouve avec autant de joie que les premières fois.


Dans quelques jours, direction le Liban et le soleil… Qui voudra une tranche de soleil dans une carte postale ?

lundi 30 mars 2009

Heaven's Door.

Je n’aime pas vraiment le printemps.
Du moins le tout début du printemps, quand on déclare officiellement qu’aujourd’hui le printemps commence alors que nos esprits et le temps sont encore à l’hiver. Je n’aime pas cette situation précaire et instable où un simple nuage un peu trop gros peu faire basculer d’un coup l’humeur ambiante. Je n’aime pas décider de laisser mon manteau au placard et frissonner ensuite en le regrettant, ou alors avoir un peu trop chaud si je l’emporte. Je n’aime pas me retrouver entre deux saisons, à devoir tout à la fois subir un semi été et un semi hiver. Le schéma se reproduit aussi pour l’automne, c’est comme si ces saisons n’étaient que transitoires en fait.
En revanche j’aime l’hiver parce que je peux m’emmitoufler dans ma couette, même si le froid est mordant. J’aime l’été parce que je peux prendre mon petit déjeuner sur la terrasse, même si la chaleur devient vite étouffante.
Je sais que mes idées n’ont aucun sens et cohésion entre elle, mais je suis comme ça je crois. Contradictoire et paradoxale jusqu’au bout.

Mais en ce moment, j’ai juste envie de m’allonger dans l’herbe et sentir ma peau se réchauffer doucement, de laisser vagabonder mes rêves au rythme des nuages solitaires, de me perdre dans l’immensité du ciel bleu azur et de me sentir vivre. Je veux ressentir la plénitude qu’offre un après-midi hors du temps et me laisser porter par le bruit des feuilles dans les arbres, comme celui de l’océan.


jeudi 19 mars 2009

Don't leave me.

1_ Je trouve que je raconte déjà bien assez ma vie, mais après tout si ça ne vous intéresse pas vous n’avez qu’a sauter les 24 prochaines phrases. Et puis personne ne vous oblige à venir me lire… ^^’
2_ En ce moment ma notion de temps reste très abstraite pour moi, depuis le début de la grève principalement en fait. La semaine n’est qu’un samedi perpétuel et les journées sont chacune pareille à une semaine entière.
3_ Mon sac à main contient une foule de choses totalement inutiles mais donc je ne pourrais pas me passer : tout un tas de papiers du style plan du Louvre, places de ciné, lettre de la carte vitale, places pour le salon du livre ; les tomes 11 et 12 de Nana ; 1984 de George Orwell toujours pas achevé ; mon Ipod ; un Labello à la fraise ; une clef usb ; mon portefeuille… Et j’en passe.
4_ A chaque fois que je passe sur la ligne 6 en métro aérien entre Bir-Hakeim et Passy, je ne peux pas m’empêcher de lever la tête et d’admirer la tour Effeil, comme une bonne vieille touriste. Le plus beau c’est quand il fait nuit et qu’elle scintille. Je quitte alors mon déguisement de parisienne blasée et je souris.
5_ J’ai un terrible manque de confiance en moi, je me pense sans arrêt inférieure à tout le monde. Je ne me prends pas non plus pour une moins que rien mais disons que j’ai parfois besoin d’être réconfortée sur mes capacités.
6_ Je suis allée à un concert gratuit à la défense cet après midi dans le cadre du festival Chorus. J’ai découvert deux nouveaux petits groupes qui valent le détour : Revolver et You and You. Allez écouter leur myspace si le cœur vous en dit, je vous le conseille. :)
7_ Arrivée à la 7ème « question » je ne sais déjà plus quoi dire. C’est ainsi que je trouve mon existence légèrement vide, ou l’inspiration un peu fuyante.
8_ Ma grand-mère (ou « mamie » plutôt, grand-mère fait vieux) fait les meilleures crêpes que j’ai jamais mangées. J’ai une préférence pour celles au Nutella, mais ça n’étonnera personne.
9_ Les touches de mon clavier commencent à s’effacer. Pour me rassurer je me dis que non, ce n’est pas que je geek trop, mais bien que j’ai les ongles trop longs…
10_ Je n’arrive plus à me coucher avant minuit. Ma moyenne en ce moment étant de 3 heures du matin. La fin de la grève va être difficile.
11_ En règle générale, je n’aime pas beaucoup poser des questions aux gens, je préfère qu’ils me parlent eux-mêmes de ce dont ils ont envie. Malheureusement cette méthode n’est pas toujours infaillible et la conversation peut parfois se retrouver bloquée, et alors j’improvise. Quand je vous dis que je suis timide.
12_ La majorité des gens que je fréquente sur Paris sont des PIiens. Des fois ça m’effraie mais je me dis que je suis bien comme ça.
13_ En ce moment le Liban me manque un peu plus que d’habitude. J’ai envie de repartir à la découverte de ce pays, « mon » pays. Croisons les doigts pour avril.
14_ J’ai toujours voulu avoir un sens artistique un peu plus évolué que la moyenne : savoir jouer d’un instrument ou bien avoir un don pour les arts plastiques. Peut-être que ma volonté de m’instruire de l’art vient de cette frustration.
15_ D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie de voyager, de partir à la découverte d’horizons différents. Mais j’ai aussi peur de tout laisser derrière moi.
16_ Je me rends compte que je suis très paradoxale en règle générale, j’aime des choses qui sont incompatible, comme l’été en hiver ou l’inverse.
17_ Depuis le début, je n’ai jamais regretté d’avoir insisté pour aller à Paris au lieu de suivre ma famille au Liban. C’est un des rares choix dont je porte la conviction profonde qu’il était bon.
18_ Je suis, en règle générale, totalement incapable de planifier les choses à l’avance. Que ce soit au niveau du travail ou autre.
19_ Mes rares expériences sentimentales sont bien trop complexes pour pouvoir les expliquer. C’est pour cela que je ne le fais jamais.
20_ Je suis très attachée à de petites choses symboliques, je répugne même à jeter un billet d’avion ou un simple ticket de cinéma. Mes poches sont remplies de ce genre d’épaves de mon passé.
21_ Je me sens rarement triste, mais souvent mélancolique sans pourtant qu’il y ait de raison apparente. Cet étrange rapport au passé peut-être.
22_ D’ailleurs, il n’y a rien de glauque là dedans, mais j’aime aller me balader dans les cimetières car je trouve que ce sont toujours les endroits les plus calmes et paisibles.
23_ Je ne sais toujours pas à quoi je veux occuper mon avenir. Ca me fait presque peur, pour moi c’est un grand blanc qui m’attend.
24_ Je me rends compte que je suis bien plus facilement arrivée à la fin que je ne pensais au début. En fait, il est facile de livrer des bribes de soi-même tant qu’on n’a pas à s’expliquer.
25_ J’aurais presque envie de continuer…

dimanche 8 mars 2009

Who is it for ?

Enfin, la voilà cette vie parisienne tant rêvée.
Je tente d’arrange petit à petit cet appart douillet qui voit passer du beau monde presque tous les jours, je fais mes courses au Monop’ d’à côté, je râle quand je dois défaire et refaire mon canapé-lit, je me couche tard, je laisse la vaisselle s’entasser, je me demande qui sont mes voisins, j’ai peur d’oublier mes clefs, je ferme mes volets quand il fait déjà nuit depuis des heures, je me remets doucement à bouquinner, j’ai envie d’aller visiter le tout-Paris, j’oublie d’envoyer des papiers importants, je regarde mes mails pour savoir où en est la grève, j’ai redécouvert le plaisir d’aller en cours pour apprendre, je me refais toute la saison deux de Dr House, je passe la demi-heure solitaire de métro avec mon Ipod et « Le jeune fille à la perle », je change à Palais Royal-Musée du Louvre pour aller à la fac, j’écoute Vivaldi sous ma douche, j’ai envie de faire un gâteau au chocolat, je redécouvre le Rock, je veux sortir…



Je suis bien, à Paris.
Je reste encore cette fille perdue et intimidée, mais je deviens peu à peu moi.