mardi 24 février 2009

I'm miles from where you are.



Encore une fois, me revoilà à Saintes pour quelques jours. Un séjour écourté puisque je dois prendre possession de mon nouveau « chez-moi », juste derrière l’arc de Triomphe, vendredi prochain. J’ai hâte d’essayer de recréer un endroit que je pourrais appeler « maison », mais je sais depuis longtemps qu’il n’y a plus d’endroit que je considère comme tel.
La maison de mes grands-parents ou de ma tante à Saintes, le studio de Sabine à Paris, l’appartement du reste de la famille au Liban… Chacun de ces endroits est un peu « chez moi », mais il n’existe plus aucun endroit où je peux rentrer, un week-end, parfois, et sentir que certaines choses n’ont pas changé, qu’il reste un peu de cette vie d’avant.
Je ne peux pas me réfugier dans ma chambre, rue du Général Sarrail, déambuler dans le jardin et manger avec eux dans la cuisine autour de la grande table bleue. Je ne peux plus me prendre pour une enfant, et oublier que j’ai choisi cette vie.
Je ne regrette pas mes choix, à aucun moment. Mais le changement a été brusque et les habitudes reviennent parfois, enjôleuses, comme des piques semées par mes souvenirs égarés. Mes repères sont ces habitudes, prises pendant toutes ces années. Les perdre m’a parfois déboussolée. Mais ils reviennent, apparaissant au détour d’une conversation, d’une lecture où d’une rue, ce sont des mots, des objets, des chansons, lancés comme des clins d’oeils du passé.
Je ne vis pas uniquement à travers mes souvenirs, mais larguée comme ça dans ma nouvelle vie, j’ai parfois perdu pied. Me rappeler est ma façon à moi de retourner chez moi. Ce n’était pourtant pas la première fois que je changeais de maison, ni même de ville. Je savais que je changerai de vie aussi, mais eux devaient être ce roc, ce point d’attache qui ne bouge pas. Pourtant j’aime le fait qu’eux aussi aient changé de vie, je ne conteste pas et ne le ferai jamais. Je suis pleine de contradictions.

Quand on quitte un endroit, on a toujours cette impression étrange, d’oublier ou de laisser quelque chose derrière soi. Je crois qu’on laisse un peu de nous-même partout où l’ont passe. Et plus l’attachement que l’ont a au lieu est grand, plus ce que nous y laissons est important. J’aime retourner dans les lieux où j’ai ri, couru, pleuré, rêvé, aimé, chanté, vécu. J’ai l’impression qu’il y restera toujours une trace de ce vécu, comme pour tous les autres qui y auront éprouvé les mêmes choses. Mais une maison où l’on a vécu, je trouve toujours ça plus difficile d’y revenir lorsque d’autres en ont fait la leur. Je n’aimerais pas avoir à y retourner, voir que telle chose a changé, que ce sont ces personnes là qui y rentrent tous les soirs. Et surtout, entendre les souvenirs résonner dans ma tête et me rappeler à quel point ils me manquent.

Depuis que je suis à Paris, le temps n’a plus la même consistance. Les jours et les semaines passent trop vite et m’empêchent, ou m’évitent, de penser. J’ai envie de reprendre un rythme de vie plus cadencé, j’ai des multiples choses de côté : trouver une troupe de théâtre ou des cours de chants, aller visiter tel ou tel musée, lire ce livre. Mais jusque là je me sentais toujours dans une situation précaire, je ne voyais pas plus loin que quelques semaines. Peut-être que ce nouveau-mini-chez-moi me permettra de me donner un rythme…

Let’s play music !

mardi 3 février 2009

Out Of Time.

5 mois d'absence(s), 10 jours entre parenthèses.

Ce séjour au Liban est passé comme un rêve, c'était un nuage sur lequel j'ai pu me laisser porter, retrouver un peu d'avant dans le tourbillon de ce maintenant. Retrouver que même si tout a changé, un peu de nous demeure.
J'ai aussi découvert un peu plus de cet autre "mon pays", la Beyrouth moderne, belle et fière. Elle porte encore les traces de ses blessure mais renaît, une fois encore, pour resplendir de sa prestance héritée de sa culture et de son histoire.


S'évader au cœur de l'hiver, sous le ciel bleu comme s'il avait été peint par les anges, plisser les yeux sous le soleil, n'avoir ni froid, ni chaud, renverser la tête en arrière et sentir un peu de vent. Ouvrir les yeux au milieu des pierres rosées, respirer.




Parfois vous ne demandez que ça : un temps de répis pour vivre, simplement vivre et oublier que nous ne faisons que survivre. Retrouver un endroit où l'ont se sent en sécurité, retrouver un peu de cet enfance d'autrefois. Je n'ai pas encore tout découvert, mais je sais qu'on m'attend.
Je reviendrai. Il me reste tant à découvrir, tant à partager. Tout est différent là-bas, les gens, la culture, le paysage. Ce n'est pas le Liban que j'ai rêvé à travers les mots et les quelques souvenirs. Mais qu'est ce que ça change ?

lundi 26 janvier 2009

Colors In The Air.

Le moins qu'on puisse dire c'est que si j'ai passé une très bonne fin d'année, le début 2009 est lui aussi excellent.
Malheureusement, pas de vacances au Liban pour Noël. Tant pis, à Saintes j'en avais deux, de familles, pour le prix d'une. S'en est ensuite suivit un réveillon Rennais dont le compte-rendu est trop long pour être écrit, d'ailleurs certaines choses sont faites pour ne rester que des souvenirs et des photos. Et puis rien de tel pour être relaxé avant la semaine de partiel qu'un petit séjour à Disney entre PIiens...

=)

mercredi 10 décembre 2008

Point final.


Les rideaux sont tirés.

La porte est fermée.

La clef est donnée.


[The] End.

vendredi 5 décembre 2008

When I'm looking back on things

Dans le train pour Saintes, je vois défiler le paysage sous mes yeux.
J’ai choisi une place côté fenêtre parce que j’adore ça, voir défiler les campagnes vides, les villes animées et grises les maisons isolées au bord d’un océan vert, Les petits étangs fiers et les nuages transpercés d’or qui promènent leur ombre sur de grandes parcelles de terre inégales. Tout passe, à l’accéléré. Comme ces dernières semaines.
Des semaines passées à devenir une étudiante dans des amphis bruyants et des salles parfois trop remplies, des semaines à m’émerveiller de Paris, des semaines à retrouver mon chemin sans aucune hésitation dans le dédale du métro, des semaines à monter et descendre tous les jours les 6 étages, des semaines à croiser des milliers d’inconnus chaque jour, des semaines me dire « il faut que je fasse ça »…
Je crois avoir rarement autant écrit, mais pas tant pour les cours que pour moi ou les autres, surtout les autres. Des lettres, des messages. Et j’ai sans cesse l’impression d’oublier d’avoir dit telle chose à telle personne, ou de faire telle chose avec telle autre personne. Je sens que je m’éloigne des personnes qui ne se trouvent pas à Paris, par manque de temps surtout encore une fois. Mais ce n’est pas que je n’y pense pas, au contraire. Je ne rêve que de pouvoir tous les réunir autour de moi.
En cette période de Noël, comment ne pas penser aux amis, et surtout à la famille ? Hier, je suis allée au Champs Elysées illuminés, et la dernière fois c’était avec eux, eux qui ne peuvent pas voir cela du Liban. Alors je suis leurs yeux, je prends des photos pour leur montrer ce que je vois, je leur dédie mes souvenirs. Dans les magasins, j’ai envie de tout leur offrir. Cette année sera le premier Noël que je passerai loin d’eux. Le premier depuis 18 ans. Pas facile à ignorer comme fatalité. Je ne me lèverai pas avec eux, pressés d’aller voir sous le sapin (qu’ils ont d’ailleurs synthétique pour la première fois aussi), je ne déchirerai pas les papiers cadeaux avec eux, je ne les verrai pas pousser des cris de joie. Bien sûr, je serai quand même avec ma famille, celle restée à Saintes, mais tout sera différent. J’irai très probablement au Liban en Janvier, et cela soulage l’idée d’un Noël sans eux.
Qui aurait pu penser... ?




Mais bien sûr, je ne vois pas tout en noir. Je profite un maximum de Paris à cette période magique, je passe des moments supers avec plein de gens (et toujours la même ^^), je me sens bien dans ma nouvelle vie. Même s’il y a des hauts et des bas. Parfois je me laisse submerger mais je ne laisse jamais cet état durer trop longtemps. Je suis souvent lunatique ces derniers temps, mais j’me soigne, promis !

Je ne crois pas avoir encore trop parlé des tous ces gens de PI que j’ai rencontré depuis que je suis ici. C’est incroyable comme à partir du moment où il n’y a plus la barrière de la distance, les PIiens prennent une proportion énorme dans la vie des uns des autres. Je suis devenue proche de certains avec une incroyable facilité et rapidité. Et même si il y en a que je n’ai vus qu’une fois, au bal d’Halloween le plus souvent pour être précise, ces liens sont extrêmement forts. Il y en a même que je ne connaissant même pas de PI avant de les rencontrer et dont je me sens particulièrement proche.
Je vous le dis, PI est magique.


jeudi 6 novembre 2008

[ Pause ]

Saintes n'a pas changé.
Un magasin fermé, une peinture écaillée, rien de plus.
J'ai marché dans ces rues que je connais tant, j'ai croisé ces visages familiers, j'ai effleuré les mêmes pierres. J'ai senti vivre la ville sans moi, j'ai senti qu'elle serait toujours la même, avec ou sans moi. Mais j'ai aussi senti que j'en faisais partie et qu'elle faisait partie de moi.
Saintes est ma pause dans ce tourbillon qui est ma vie depuis quelques mois. C'est mon ancre, mon refuge.

Je suis allée voir la mer aussi. La mer de Charente-Maritime, celle qui s'accompagne de roses trémières, de vieux villages posés sur un bout de rocher et d'algue verte. Elle s'était retirée, mais elle m'a saluée par une légère bourrasque.





La grande maison, vide, raisonnant de souvenirs. Je n'y suis plus qu'un fantôme parmi les autres, évitant ces pièces criant leur absence.

Et pourtant je ne veux pas la perdre. Elle me rattache ici à eux, là bas.

mercredi 5 novembre 2008

Change has come.